Laurent Chouard, photographe
basé à Paris, oscille entre la mode
et des séries personnelles prenant
souvent des formes éditoriales. 

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Pu ert welkomin(n)
, impression numérique, 20 x 29 cm, 40 pages, 100 exemplaires, 2020







Þu ert velkomin(n) prit forme lors de mes nombreux voyages en Islande, culminant en une résidence d’artiste
à l’Alliance Française à l’été 2018, durant lequel les photos constituant ce recueil ont été prises.
La première centrale électrique islandaise, installée à Hafnarfjörður dans la banlieue de Reykjavik,
relève d’une prouesse technique de son temps: affronter les éléments, importer les matières premières
et loger les ouvriers. Cette série recense les pylônes d’Islande en interrogeant ce que ces emblèmes
- à priori communs mais alimentant en chaleur et en lumière les maisons d’un pays aux hivers froids et sombres -
signifient pour les habitants.  
J’ai suivi un véritable parcours photographique sur 60 kilomètres, qui commence à la centrale géothermique de Krafla,
dans les hautes terres à proximité du volcan du même nom, dans la région du Mývatn. J’ai ensuite suivi la ligne
de transmission électrique jusqu’à Húsavík, dont il est dit qu’elle fut la première ville d’Islande. À la fin de mon voyage,
j’ai rencontré Emil Sigtryggsson qui m’a raconté le quotidien des fermiers de la région, l’arrivée de l’électricité
dans leurs foyers, et leur départ dans les villes pour d’autres vies.
Ces pylônes ont retenu mon attention, particulièrement dans la manière dont ils se situent dans un pays(age) chargé
de mythes, d’énergies et de décors vertigineux, rappelant les liens entre notre monde électrifié et celui dépourvu
de réseau électrique, il y a à peine un siècle. Inspiré du chemin qu’a dû suivre Orphée pour ramener Eurydice à la vie,
la série s’articule ainsi en trois parties distinctes : les Enfers (la centrale), la remontée (les pylônes) et la sortie des Enfers (le phare).